Archives pour la catégorie poèmes guerre 14 18

Une lettre (Nov.17)

Solange

Chère femme

Dis aux petits que je marche vers le front de la loterie majeure

Ils comprendront

Ne leur parle pas d’honneur

Ni de sol à défendre

Nos vingt-huit arpents nos trois vaches

Ne valent pas ma vie

Je m’ennuie tant de vous

Lorsqu’aux étoiles se mêlent les fusées éclairantes

Larmes suspendues sanglots au ciel de novembre

Je vois notre passé

Si je tire le gros lot (promis)

Nous irons piqueniquer là-haut

Soyez patients

Il viendra bien le temps de la guerre démodée

Elle dégoûte tellement

Avec ses bottes ses rats sa boue ses effluves folles

Dans cent ans je le jure ils auront nos crimes en horreur

Pour le bébé que tu attends

Attends

Ne l’accouche pas trop tôt

Ce monde ne le mérite pas encore

Quand il viendra (avec la paix)

Il sera le seul ange du temps de grâce très pure

En attendant

J’entends le claquement des culasses

Il est douteux que je t’embrasse un jour prochain.

Les fiancées d’Hurtebise (Nov.17)

Quand la brume s’y met

Comme on le dit de la gale et des poux

Des silhouettes vacillantes se pressent en foule au Chemin des Dames

Ce sont les fiancées d’Hurtebise

Qui chaque novembre reviennent maudire leur injustice

Promises

Amoureuses

Amantes

Elles soufflent devant elles leur tempête virginale

Chaque pas qu’elles posent fait trembler la terre

Où reposent à jamais leurs hommes perdus

Elles n’implorent ni dieu ni ciel

Elles avancent au rythme de leur colère

Et gare à celui qui traîne au Chemin

Le voilà bientôt pétrifié de giboulées noires

Englouti par le blizzard de minuit

Des vagues de jeunes femmes se succèdent

Grondent crient hurlent

Où sont nos promis nos amants et leurs corps

 

La bise mord voracement mes joues

Je me plaque contre le mur du cimetière

Et prie le ciel

Que la tornade m’épargne.

Après (Nov.17)

Après la guerre

Au retour de l’âge d’or donc

Attentif à tes pupilles fenêtres

Je redécouvrirai enfin les espaces de tes rêves blés prairies faîtes et halliers

Eclats bleus éclats blancs

Miroirs graves des étangs

Puis j’écraserai d’un baiser

Chaque volet de tes paupières velours

Pour saluer l’oubli des obus et le repli des fusils

(Leurs consolations je n’en veux pas )

Je veux tes yeux

Vivre à la lumière de ton estime

Etre libre avec toi

Croquer tes joues et à travers tes boucles

Au courant de nos haleines éperdues

Souffler ma peine qui s’éteindra d’un coup

Nous exigerons alors autre chose une autre présence un autre quelqu’un

Un enfant peut-être

Dont le corps très chaud palpitera

Fin réelle des ténèbres

Survie des vies

Qui étaient nôtres si peu.

Un père (nov.17)

Il avait fait cent mille pas

Il avait même tenté de dormir deux cents nuits

Depuis la seconde où il l’avait appris

Mais il était resté sur la place à jamais

Debout

Stupéfait

Granitique

Sourd à l’instant

Aux chants des oiseaux et surtout aux pas des enfants

Aux ris du soleil contre la grille aux gonds secs

L’horloge aurait dû arrêter de carillonner

Quand le maire avait osé dire – neutre féroce grave –

Il est mort ton gars ton soldat

D’autres mots s’étaient bousculés

Héros médaille champ d’honneur

Il avait repoussé le maire des deux mains

Il avait senti qu’’il n’oserait plus dire

Mon fils

Il le revit éclatant de rire dansant sur les labours

S’essayant contre les flaques aux folies bicylette

C’était fou

Il avait fallu ensuite

Rouler une cigarette acheter le journal boire avec femme et amis

Toutes choses à jamais impossibles impossibles impossibles.

Monument aux Vivants / Denkmal für die Lebenden (Nov.17)

Voici un autre poème traduit en Allemand par Helmut Schulze. Vous pouvez retrouvez tous les poèmes Nov. 1917 traduits en allemand dans la rubrique Traductions.


(cette inscription se trouve sur un mur de Mons en Laonnois encore aujourd’hui en 2018; elle a été faite par un soldat durant l’occupation de Laon et de ses environs par les soldats allemands entre 1914 et 1918)

Monument aux Vivants

Au milieu du village sous l’arbre de la liberté
Lisant leurs noms sur le marbre griffé des décennies
Je redoute de lire le mien propre
Mais non dis la voix de Paix c’est fini
Ça bat sous ton pull
A gauche
Ici pourtant sous mes yeux un presque homonyme
Avec sans doute femme ceinturons enfants habitudes marteaux préjugés tournevis pinces coupantes
Et obéissance à la loi et colères justifiées et chansons préférées et messes du dimanche
Habitudes rituels
Je te vois je te nomme je t’appelle
De ma voix fort banale couverte par le raclement des bennes lestées de betteraves
Laissez-moi lire je vous prie
Laissez monter de mes lèvres vivantes
La buée qui se mêle aux brumes de novembre
Chaque syllabe de vos noms évoque un être de sang
Qui vénérait la vie
Moi vivant promis
Il n’y aura pas d’oubli
Toi et toi mes amis
Et parfois miracle l’un d’eux me répond
Même prénom que moi quelle joie
Sa mère son père l’appelèrent comme on le fit de moi et le silence en est allégé
Un vrai dialogue s’installe au goudron de la place
Monument le mot le dit
C’est ce qui reste quand on va tout oublier
Cela demeure je suis là je suis là
Souvenir vivant très présent
Qui reviendra vous saluer tous les jours.

Denkmal für die Lebenden

Mitten im Dorf unterm Friedensbaum
Ihre Namen auf Marmor, an dem Jahrzehnte genagt
Und ein bißchen Angst, meinen eigenen dort zu finden
Aber nein – so die Stimme des Friedens – es ist vorbei
Was da schlägt, schlägt links unter deinem
Pullover
Hier vor meinen Augen ein fast Gleichnamiger
Hatte ganz sicher Frau Gürtel Kinder Gewohnheiten Hämmer Vorurteile Schraubenzieher Kneifzangen
Und Gehorsam dem Gesetz gegenüber, einen gerechten Zorn, Lieblingslieder, Sonntagsmessen
So Gewohnheitsriten
Ich seh’ dich, nenn’ dich, rufe dich
Und meine Alltagsstimme geht unter im Lärm der Anhänger voller Zuckerrüben
Laßt, daß ich lese, laßt, bitte,
Daß aus meinen lebendigen Lippen steige
Der Dunst, der sich vermischt mit Novembernebel
Jede Silbe eurer Namen ein Wesen aus Fleisch und Blut
Das Leben verehrend
Ich, der Lebende, verspreche
Es wird kein Vergessen geben
Du und Du, meine Freunde
Und zuweilen das Wunder einer Antwort eines von ihnen
Der Vorname wie meiner, welche Freude
Seine Mutter, sein Vater nannten ihn, wie mich die meinen nannten, so leicht jetzt die Stille
Daß sich entspinnt ein Zwiegespräch mit dem geteerten Platz
Denk-Mal das Wort, es sagt’s ja schon
Das ist, was bleibt, wenn wir alles vergessen
Das bleibt und ich bin da, bin da
Hier und ungeheuer jetzt Angedenken
Ich komm’ wieder vorbei, Tag für Tag euch zu grüßen

Mères / Mütter (nov.17)

Voici le quatrième poème traduit en Allemand par Helmut Schulze. Retrouvez tous les poèmes (Nov. 17) traduits ou non ici.


(cette inscription se trouve sur un mur de Mons en Laonnois encore aujourd’hui en 2018; elle a été faite par un soldat durant l’occupation de Laon et de ses environs par les soldats allemands entre 1914 et 1918)

Mères
Divinités prosaïques encloses dans la nuit des cuisines
Tabliers bleus ou blancs – puis à trente ans noirs
Nous avons langé les petits tendresse
Leur offrant inépuisables l’élémentaire
Angoisses apaisées au puits d’amour et source intarissable du lait de vie
Il en fallut des pas des peines des nuits
C’est fou ce que c’était prenant cette tendresse à pleins bras
Notre corps entier s’est crevé à la tâche de les faire croître
Rituels fêtes danses sérieux et surtout respect nous leur avons tout appris
Tout – respect et encore respect – ce n’était jamais assez
Eduqués à la dure
Ils ont été tirés vers le haut
Ainsi nous sommes nous fané à contrarier leurs désirs il les fallait obéissants
Puis un matin une aube d’été sans pourquoi
Nous les avons vus partir – souvenir très net du mouchoir ruisselant
On les barde de ferraille sur la tête aux bras
Ils creusent – les avions nous seulement conçus pour ça –
Tombes et tranchées
Tranchées et tombes
Les lettres étaient boueuses
Pleines d’amour pour nous lointaines et de haine envers les germains à deux pas
Fusées de détresse dans la nuit de l’Ailette
Qui éclairaient leurs bouilles épouvantées
Et dans la pluie des obus s’engloutit le respect imprimé à leurs fronts
Aujourd’hui assises dans le square pacifié les mères murmurent doucement les prénoms
Caressent les minois balancent tranquillement les petits corps qui s’envolent
C’est un chant qui se souvient de ce qui aurait pu être
La guerre n’est plus de saison
Les hommes se cherchent un nouveau rôle sur les rives de cet automne
Mais il est tard et les mères de novembre là-bas n’attendent plus de merci.
Mütter
Prosaische Gottheiten, eingeschlossen in die Nacht der Küchen
Blaue oder weiße Schürzen – ab dreißig dann schwarze
Wir haben die Kleinen gewickelt und nicht gespart
Mit Zärtlichkeiten, unaufhörlich, das einzig Wahre
Am Brunnen der Liebe besänftigte Ängste, nie versiegende Quelle, Milch des Lebens
Es brauchte Schritte, es brauchte Mühen und Nächte
Wer weiß schon, was es bedeutet, mit vollen Armen diese Zärtlichkeit zu leben
Unter der Last, sie wachsen zu lassen, brach unser Körper zusammen
Rituale, ernste Tänze und vor allem Respekt – haben wir ihnen alles beigebracht
Alles – Respekt und nochmals Respekt – es war nie genug
Auf die harte Art erzogen
Sie wurden großgezogen
Und welkten dahin beim Vereiteln ihrer Wünsche, denen sie Gehorsam schuldeten
Dann eines Morgens im Sommer, wenn es dämmert, ohne ein Warum
Wir sahen sie gehen – deutlich noch die Erinnerung an das triefende Taschentuch
Man versieht sie mit Schrott auf dem Kopf, an den Armen
Sie graben – nur dafür haben wir sie empfangen –
Gräber und Gräben
Gräben und Gräber
Ihre schmutzverschmierten Briefe
Voller Liebe für uns in der Ferne und voller Hass für die Vettern dicht dabei
Notfackeln in der Nacht der Ailette
Die ihre erschreckten Gesichter bescheinen
Und im Hagel der Granaten geht alle Ehrfurcht flöten, die ihnen auf der Stirne geschrieben
Heut’ am friedlichen Platz sitzen sie, die Mütter, murmeln leis’ noch die Vornamen
Streicheln Frätzchen, schaukeln gemach ihre kleinen Körper, die sich davonmachen
Ein Lied, das sich erinnert, was hätte sein können
Der Krieg hat nunmehr weder Hoch- noch Nachsaison
Und die Menschen auf der Suche nach etwas Neuem für sich an diesen Herbstufern
Es ist spät, und die Novembermütter da unten haben aufgehört, auf ein “merci” zu warten.

Retour de fantômes / Rückkehr der Gespenster

Voici le troisième poème traduit en Allemand par Helmut Schulze après Les Fleurs de Germain / Germains Blumen (Nov.17) et  Chemin des Dames

(cette inscription se trouve sur un mur de Mons en Laonnois encore aujourd’hui en 2018; elle a été faite par un soldat durant l’occupation de Laon et de ses environs par les soldats allemands entre 1914 et 1918)

Haillons boueux
Vareuses où courent les poux
Vous revenez mains mortes orties aux canons des fusils
Plaintes à vos lèvres déchirées
Qu’avez-vous à me reprocher fantômes de novembre
Oui moi j’ai vieilli gras et libre en paix
Je sais bien
Et la peine et la joie et écrire et chanter
Alors que vous cueillis et noyés sous le nombre
N’avez pas eu le loisir d’affirmer vos pas d’étreindre et d’enfiévrer vos bras
A peine nommés par vos mères vous fûtes expédiés chez les ancêtres
N’ayez crainte nous allons vous rendre hommage et déposer des gerbes
Mais non disent-ils tour à tour
Et la rumeur de mille voix enchevêtrées
Fait fuir d’un coup tous les corbeaux
Comprends enfin notre retour qui te dit de rire
– Les mâchoires encore encombrées de glaise et de craie
Soudain me reprochent mes chagrins et ma peur de l’hiver –
Danse clament-ils danse sur les ombres très obliques de nos croix qui prennent la terre entière
Rougis les radis jaunis les blés
Croque les pommes du temps
Explose de joie simple
Vis
Et ton hommage de novembre vaudra toutes les fleurs.
Verdreckte Lumpen
Joppen voller Läuse
Ins Gras beißen vor Gewehrläufen, als tote Hand, so kehrt ihr wieder
Eure Klagen, eure zerrissenen Lippen
Was, November-Gespenster, habt ihr mir vorzuwerfen?
Gut, ich bin beleibt und frei gealtert im Frieden
Ich weiß
Müh’ ist und Freude und Schreiben und Singen
Ihr, die man abgepflückt und zum Untergang geführt,
Kaum blieb euch Zeit, euch zu behaupten, fiebernd die Arme auszustrecken
Kaum nannten euch die Mütter beim Namen, wart ihr schon bei den Ahnen
Nein, wir werden zu eurer Ehre keine Blumensträuße niederlegen
Ja, was denn? sagen sie der Reihe nach
Und das plötzliche Tausendstimmengewirr
Läßt alle Krähen auffliegen
Wisse, wir kehren zurück, dir zu sagen, daß du lachen sollst
– Die Kieferknochen noch immer voller Ton und Kreide
Und plötzlich tadeln mich meine Sorgen und meine Angst vor dem Winter –
Tanzen sollst du, so ihr Geschrei, tanzen auf den schrägen Schatten unserer Kreuze, die die ganze Erde einnehmen
Laß die Radieschen rot, das Korn gelb werden
Beiß in den Apfel der Zeit
Platz einfach vor Freude
Lebe
Und deine Novemberhommage gilt alles, was Blumen sind

Les Fleurs de Germain / Germains Blumen (Nov.17)

Voici le deuxième poème traduit en Allemand par Helmut Schulze. Retrouvez également Chemin des Dames


(cette inscription se trouve sur un mur de Mons en Laonnois encore aujourd’hui en 2018; elle a été faite par un soldat durant l’occupation de Laon et de ses environs par les soldats allemands entre 1914 et 1918)

Germain
Permets que je porte un peu les fleurs poussées dans ton jardin
Je veux être avec toi lorsque les pétales
Sur la glace de la dalle
Effleureront les feuilles brunes d’où l’inspiration renaîtra
Au plein de novembre
Le onze bien sûr mais aussi aux alentours
Armistice tache d’huile
Un bonheur petit va faire sa fête de paix
Vois l’Ailette cicatrice devenue ce lac légèrement lesté de voiles
Et les cycles qui se croisent là-bas
Sonnettes faciles cris d’enfants en lieu et place des plaintes aux deuils fous
Les petits courent sur la grève pour se jeter dans les bras de leurs pères
Ces jeunes hommes non morts non mitraillés non fusillés
Qui tournent le dos au vieux siècle
Et disent bonjour à leur vie
Sans besoin du casque ferraillant ou de bêtes molletières
Germain
Dépose tes fleurs avec moi
Je les saluerai chaque jour lorsque tu seras rentré au pays
Ne t’en fais pas
Dépose tes fleurs
Tranquille
Je m’en occupe
Je les ferai bouffer du bout des doigts
Elles feront joli dans l’hiver
Je suis à deux pas.
Germain
Laß, daß ich ein Weilchen die Blumen trage, die in deinem Garten gediehen
Ich will bei dir sein, wenn die Blütenblätter
Auf dem Eis der Steinplatte
Die braunen Blätter leicht berühren, und das Atmen wieder beginnt
Mitten im November
Am elften, sicher, auch um den elften herum
Waffenstillstand, und um sich greift
ein kleines Glück mit seinem Friedensfest
Sieh die Ailette, Narbe, die zu diesem See geworden, gespickt mit Segeln
Und die Fahrräder, die dort unten einander kreuzen
Kindergeschrei wie Schellengeläut statt rasender TrauerklagenDie Kleinen laufen am Strand den Vätern in die Arme
Diese nicht toten, nicht durchsiebten, nicht füsilierten jungen Männer,
Die dem alten Jahrhundert den Rücken kehren
Und Hallo sagen zu ihrem Leben
Ganz ohne Schutzhelm und Wickelgamaschen
Germain
Leg deine Blumen mit mir nieder
Ich werde sie täglich grüßen, wenn du zurück sein wirst in der Heimat
Mach dir keine Sorgen
Leg deine Blumen nieder
Ich kümmere mich darum
Ganz sacht, ganz wie mit Fingerspitzen
Sie werden hübsch aussehen im Winter
Ich wohn’ gleich um die Ecke

Sur le Chemin des Dames / Auf dem Chemin des Dames (Nov. 17)

Voici le premier poème traduit en Allemand par Helmut Schulze. Retrouvez également Les Fleurs de Germains


(cette inscription se trouve sur un mur de Mons en Laonnois encore aujourd’hui en 2018; elle a été faite par un soldat durant l’occupation de Laon et de ses environs par les soldats allemands entre 1914 et 1918)

Sur le Chemin des DamesUn vol d’oiseaux passe dans le ciel
J’entends le souffle de leurs ailes dans le silence du vallon
Comme une page qu’on tourne
Et je songe qu’au lieu de lutter contre le vent les rémiges aspirent l’air sous elles
Se laissent porter
Rêve d’écrivain une fois lancé qui ne veut plus jamais poser la plume et renaude
A revenir au plein du jour conscient
D’autant que le vent fait retour
Au mille des feuilles affolées quoique mortes
Les tas formés au long des troncs vont faire leurs tendresses ailleurs
Feuilles qui cachèrent les appels des bêtes
Et regrettent (c’était mieux avant) le temps où l’on se dévorait à cru
Non ce n’est plus le temps des meurtres appuyés d’artillerie
Les saisons sont revenues
Nous n’irons plus au bois massacrer les cousins
Au Chemin des Dames roule la paix
Enfin.

Auf dem Chemin des DamesEin Vogelflug oben im Himmel
Unten im Tal am Ohr das Atmen der Flügel
Das Umblättern einer Seite
Und träume, wie die Schwungfedern, statt gegen den Wind zu kämpfen,
Die Luft unter sich ansaugen,
Sich tragen lassen
Schreibertraum, einmal losgelassen, keine Feder mehr aufs Papier zu setzen und hadern
Mit der Bewußtheit eines Mitten-im-Tag
Um so mehr, als der Wind wieder fährt
Ins wie auch immer tote Tausendlaub
Die Haufen an den Stämmen schmiegen sich ihnen im Anders an
Laub, das den Lockruf der Bestien verbarg
Und bedauern (früher war’s besser) die Zeiten, wo man sich mit Haut und Haar verschlang
Nein, es ist nicht mehr die Zeit der Mord säenden Geschützfeuer
Die Jahreszeiten sind wieder da
Wir werden nicht mehr in den Wald gehen, unsere Cousins zu metzeln
Auf dem Chemin des Dames herrscht Frieden
Schließlich und endlich.