Archives pour la catégorie anecdotes littéraires

Le pape, Chateaubriand et le chat.

Voici une histoire d’Etat,qui ravira les amoureux de Chateaubriand et des chats.C’est l’histoire vraie du célèbre « Micetto ». Micetto naquit un beau jour de père et mère inconnus, dans la loge de Raphaël, au Vatican.Prédestination? Le minet émut tout le Clergé et jusqu’au Pape Léon XII qui tomba en amour de ce joli petit chat de gouttière ,tigré,véritable don du Ciel.C’est ainsi que Micetto,blotti sous la chasuble du Pape,assistait à toutes les audiences accordées par le Saint-Père aux grands de ce Monde,sans jamais révéler sa présence par des ronronnements indiscrets.Sauf une fois lorsque l’Ambassadeur de France s’étonna d’un petit cri qui ressemblait à un miaulement et qui semblait provenir des ornements pontificaux ;il découvrit le secret du Pape. M.de Chateaubriand,donc,l’Ambassadeur, promit de ne rien révéler et Micetto se partagea dès lors entre ses deux admirateurs . Leon XII sentant sa mort prochaine le confia à Chateaubriand ,et c’est ainsi que Micetto abandonna les fastes et l’encens du Vatican pour la place Denfert -Rochereau. Il suivit Mme de Chateaubriand dans ses oeuvres caritatives et mourut un jour,sans jamais avoir cédé aux objurgations de journalistes suppôts de Satan qui voulaient lui acheter ses Mémoires en échange d’une promesse de Paradis Eternel.

(Merci à Gisèle d’avoir résumé avec panache cette historie que l’on trouve dans les Mémoires d’Outre Tombe de Chateaubriand)

Aux origines du Petit Prince de Saint-Exupéry

Pierre Sudreau(1919-2012), ancien résistant déporté et ministre de la reconstruction du Général de Gaulle, confie à François George en 2003 ( « Sans se départir de soi » éditions Tirésias 2004) une anecdote tirée de ses années d’internat.

« … Mon père était mort(1923), ma mère travaillait, et j’ai été plusieurs années pensionnaire au lycée Hoche de Versailles.

Pendant cette période difficile ma mère m’a offert un des premiers livres de Saint-Exupéry, Vol de Nuit. Ce livre m’a enthousiasmé, alors que j’avais une douzaine d’années, et par l’intermédiaire des éditions Gallimard, je me suis permis d’adresser une lettre à Monsieur Antoine de Saint-Exupéry pour lui dire que son livre m’avait enthousiasmé, qu’il m’avait permis de m’évader, de voyager dans les étoiles et que je voulais être aviateur. Lettre d’un gosse enthousiaste. Ce qui n’était pas prévu c’est que Saint-Exupéry m’a répondu, il m’a envoyé une lettre très gentille. Depuis lors, nous ne nous sommes plus jamais quittés jusqu’à la guerre. Il venait, avec l’autorisation de ma mère, me chercher le jeudi, il m’invitait à déjeuner en me racontant des histoires,  et quel malheur, je n’ai pas gardé les nappes de papier sur lesquelles il dessinait, notamment les prémices du Petit Prince ».

En marge de ce récit Pierre Sudreau note négligemment qu’il avait durant toutes ces années l’habitude de porter une grande écharpe, dont on voudra bien admettre qu’elle était jaune.