L’ennemi (déc.17)

Les minutes à vivre entre deux attaques

Sont dangereuses

Que fait l’ennemi dans le temps où je rêve où je mange

Ce pain que je mords est-il si différent du sien

Lui aussi songe

Mort blessure faim tabac amours

Les photos sur lesquelles il passe son pouce

Adossé à l’argile des boyaux

Ont de semblables sourires

Sur ce champ jonché de cadavres de casques d’uniformes

L’ennemi et moi pourrions

  • C’est le Chemin des Dames après tout –

Bâtir un podium de bois blanc

Où nous inviterions nos familles à danser verre en main

Lui la valse moi la java

Histoire de parler par gestes

Puisqu’il semble que leurs mots soient si différents

Des nôtres

Que c’est finalement le vrai motif de la guerre

Ma baïonnette s’enfonce dans tes tripes pour une pauvre affaire de syllabes

Obscures barbares grossières

Mais je ne l’entends pas de cette oreille

Il rôde dans l’air de drôles de mensonges

Mein Freund

Le Rhin ne justifie pas la mort de l’autre

Ni de l’un

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