Imprécations (déc.17)

Quand j’emprunte le Chemin des Dames

Je mets des semelles légères

Je leur demande l’autorisation de poser mes pas sur le champ

Je redoute en effet d’effacer les traces

En mettant mes pas dans les leurs

  • Mes amis

Si vous saviez comme on vous aime cent ans après

  • Merci dit une voix on a déjà connu ça au début

Les fleurs les corps féminins les baisers qui se pressent vers nous

Des promesses d’amours éternelles

Dont aucune ne fut tenue

Des mains des bagues de fiançailles

Le long feu a tout tordu et brûlé

Si tu savais

Les folies des attaques ont fait leur crevant travail de sape

L’épouvante grava ses tornades grises au fond des crânes

Les piques grondées des acouphènes ne nous ont plus jamais laissés en paix

Pas d’armistice pour les bousculés

Je n’ai pas signé dit encore la voix

Je n’ai pas signé

  • Tu ne sens pas comme mes pas se font aimables

La douceur de mon chant est à toi dis-je

  • Garde ta tendresse hurle la voix en s’éloignant

Ma haine brûle toujours intacte

Rêve debout dans ta paix ivre et grasse

Moi je reste auprès du feu dans l’enfer des vallons

Entretenant les braises jusqu’à la nuit et l’envol de mes cendres

sous le vent de l’histoire

Une réflexion au sujet de « Imprécations (déc.17) »

  1. Verwünschungen (Dezember 1917)

    Für den Chemin des Dames
    Sind mir leichte Sohlen lieber
    Ob ich, frag’ ich sie dann, übers Feld gehen darf
    Es könnte ja sein, daß ich Spuren verwische
    Wenn meine Schritte in die ihren geraten
    – Mes amis
    Ihr ahnt nicht all die Herzen, in denen ihr wohnt, hundert Jahre sind’s
    – Das Merci einer Stimme, die hatte man schon gehört
    Blumen, Frauenkörper, Küsse, drücken sich an uns
    Verheißungen ewiger Liebe
    Hielten so lange wie an den Händen
    Die Ringfinger die Verlobungsringe
    Lang’ aber hielt das Feuer an, verbrannte alles
    Ach, wenn du wüßtest
    Im Irrsinn der Angriffe das aufreibende Ausheben der Laufgräben
    Orkanartig bohrte sich Schrecken tief in die Schädel
    Das Ohrensausen, ein ewiger Donner, das uns nimmermehr ließ
    Kein Waffenstillstand für solche, die’s eilig haben
    Und ohne meine Unterschrift, sagt die Stimme
    Ich, sagt sie, hab’ das Ding nicht unterzeichnet
    – Merkst du nicht, wie meine Schritte freundlich werden?
    Mein sanftes Lied, ganz dir zugewandt
    – Ach, laß den Schmu, so laut die Stimme, die sich entfernt
    Mein Hass brennt unversehrt
    Träum nur fort in deinem behäbige Frieden
    Ich bleibe beim Feuer in der Hölle der Täler
    Halte die Glut bis zur Nacht bis zum Flug meiner Asche
    Im Wind der Geschichte

    https://parallalie.de/20181112/verwuenschungen-dezember-1917/

    voici un autre: ich habe « mes amis » und « merci » auf französisch gelassen, es schien mir adäquater

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *