Crève-Chœur

Sur le modèle de leurs granges

Les hercules de chez nous dressèrent églises et abbayes

Qu’ils tassèrent au vallon

Pour faire joli et méditer

Pieusement dans l’ombre

Des siècles durant

Leurs paumes chaudes transmirent à la pierre leur amour de la vierge

– Rêvée dès l’enfance auprès d’âtres éclatants –

Tranquille la belle voluptueuse

Sourit longtemps

C’était maman et mon amie mêlées

J’étais l’enfant sur le bras gauche

Protégé par les plis élégants de la Madone

Puis un jour sans prévenir sans pourquoi

De graves brutes ferraillantes se ruèrent sur les blocs savamment agencés

Et cette intelligence monumentale s’en fut au ruisseau

Ça croula dans le flot

Obus mitrailles cris en écho peines inconsolables

Tout fut ligué contre les chœurs ouvragés

Chapiteaux catapultés tympans crevés

Le sourire de l’ange s’ouvrit sur le ciel dépeuplé

Nefs et vitraux sombrèrent

Ce qui éclata dans les cloîtres bascula dans l’outrage cru

Et nous voici aujourd’hui

Interrogeant les ruines dans les après-midis de novembre

Le val est clair mais l’ombre des piliers flous

Dressés dorénavant sur le vide

Chante en mineur les psaumes désaccordés du silence.

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