Le Beau Chemin (nov.17)

Chipies et favorites aux robes affolantes

Baptisèrent le chemin chantèrent en novembre il pleut bergère

Et leurs voix de sopranes et le manège des roues des carrosses s’en furent loin de nous

Noble carrousel du monde démodé

Des Dames le nom seul resta

Flottant dans l’air au fil de mille saisons

Belles Dames du temps jadis

Dont le regard un jour caressa blés blonds et vallons enchantés

Puis plus rien qu’un silence violet qui attendait son heure

A Bayonne on affûtait les lames

Ailleurs on alignait les fusils

Les usines guettaient dans l’ombre du siècle dix neuf

Puis quand sur un signe mystérieux des nouveaux temps

La ferraille dégringola du ciel sur les casques

Les petits paysans exercés à la bêche

S’enterrèrent précipitamment dans des boyaux boueux

Il fallut tenir tenir tenir

Autrement dit mourir

Aujourd’hui l’odeur de poudre flotte encore

Brume féroce qui prend aux poumons

Oh ce silence

Les pluies finissent de s’acharner sur les derniers bouts de ferraille qui traînent encore

Et l’on se demande

Dans ce désert superbe où sont passés les corps

On scrute les lointains

On néglige à nos pieds les croix qui disent les vies barrées

Et dont l’ombre énorme pèse pourtant

Sur l’horizon brisé.

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