Impossible de comprendre le texte qui suit sans écouter la cantate 21 de JS Bach: Sinfonia 1 et le début du choeur qui suit.
l’aube rase et mince glisse contre la nuit
c’est un hautbois où l’anche double est la bouche
de l’horizon
qui s’ouvre longuement descente et élévation
j’aime le pincement tranquille et terrestre
dont les échos s’élargissent sous l’ouvert des secondes
ce temps compté humble par les cordes
à peine effleurées par l’archet
et le hautbois reprend baroque moins pincé qu’un moderne
plus pataud c’est vrai mais une telle chaleur
mais si large
son chant d’affres tenus haut fièrement
j’admire contre les cordes de la visiteuse irrépressible
la grâce d’avancer sur le temps qui croît
la peine la peine ce souffle comme ma voix
demeurée vive et osons le mot: optimiste
le jour se lève on l’a compris
et la lumière à la pincée du hautbois abouché
donne la vie
naissance d’amour dans le temps et cet espace
que je vois s’ouvrir et s’ouvrir à la lente présence
hallucinée sous les violons dans le corps d’ébène résonnant
puis il faut tout laisser cher aveu
avant que le JE du souci surgisse
Ich… ich… ich… ich hatte viel Bekümmernis
(Je… je… je… j’étais débordant de peine)


#1 par Lys le 23 de mars de 2010
| Citation
Ce texte est une pure merveille !
Juste un bémol (si j’ose dire) :
Dommage qu’il n’y ait pas un petit lecteur sous le texte avec cette cantate.
Bien à vous,
#2 par Esope le 23 de mars de 2010
| Citation
son chant d’affres tenus haut fièrement
j’admire contre les cordes de la visiteuse irrépressible
la grâce d’avancer sur le temps qui croît
la peine la peine ce souffle comme ma voix
demeurée vive et osons le mot: optimiste
#3 par Seiler Marc le 24 de mars de 2010
| Citation
Belle sensibilité pour cette musique de l’aube…rejoignant la parole de Musset sur le pélican… »les chants les plus désespérés sont les chants les plus beaux » …la tristesse ou plutôt la mélancolie en musique baroque sont toujours synonymes de la plus grande puissance d’évocation…le rythme cardiaque de la pulsation montre que la vie n’est vraiment là que lorsqu’elle est remise en question…le bonheur n’est pas le rire mais la joie et la joie a ce rythme là du coeur en repos qui ne bat que pour vivre….le calme lancinant du bonheur profond….
#4 par Raymond Prunier le 25 de mars de 2010
| Citation
Je vous remercie de vos heureuses paroles sur ma rêverie. J’ai choisi également cette cantate parce qu’elle est la plus longue de toutes et malgré sa composition faite de morceaux empruntés ici ou là, elle dégage curieusement une impression d’unité étonnante. Quoi qu’il en soit, merci encore.
#5 par Raymond Prunier le 25 de mars de 2010
| Citation
Merci d’un tel hommage! Votre regret s’est transformé en souhait et il faut remercier le nep d’avoir fait diligence pour mettre la musique qui va logiquement avec ce texte.