usées les amours
viennent refaire leur tour dans ma mémoire
on les croyait risibles voici ma voix qui tremble
j’aperçois la main qui a dû m’appartenir
et qui saisit le trouble battement de l’autre
froissés les atours
font des crissements singuliers dans les aubes
on n’y croyait plus et la nuit est venue douce
je perçois des murmures aux alizés rouges
et le sable et l’océan crépitant aux oreilles
brassés les toujours
dans la suite de nuits aux étoiles si nettes
on croyait à l’éternité des étreintes des couples
je vois bien que c’est vrai le printemps
fait retour même bleu semblable reverdie
brisés les séjours
dans l’horizon vertueux des jours infinis
on ne croit plus à cet avant oui tout ce temps
j’entends bien que l’espérance est courte
et que lourde est la peine de la rupture finale
désarmés les bonjours
que l’on nous annonçait au tournant des saisons
je crois amis que j’apprends à vivre en vérité
alors que j’entends sonner le glas bleu des bonsoirs
battement de mon pouls palpitant vers son but


#1 par Lys le 24 de février de 2010
| Citation
Les mots « amours », « atours », « toujours », « séjours », « bonjours » riment avec le mot « retour ».
Bien à vous,
#2 par Raymond Prunier le 24 de février de 2010
| Citation
Merci de cette notation juste. De plus, chaque strophe reprend au vers trois, le verbe croire, tandis qu’au vers quatre, des verbes de perception à la première personne (j’aperçois, je perçois, je vois, j’entends, j’entends) relancent ce qui menace de se dissoudre. Il existe ainsi une verticalité de lecture qui donne à l’ensemble une allure que j’estime ferme et évoquent auprès du lecteur un chant qui couve. Le dernier vers est un alexandrin classique qui forme une sorte de pointe finale. Voilà les remarques formelles qui me viennent à votre réflexion. Merci encore.