l’ange est tiède
c’est un ami qui revient
les bras chargés de vin de présents
pour fêter le vieillard et l’enfant
et brûler vite les ultimes moments
de l’an deux mille neuf
l’air est si doux
qu’on croirait un printemps
en avance contre le froid
les avides merles vifs
parodient la fuite
épuisante des jours
la lumière salue
les visages retrouvés
nos rencontres nombreuses
qui font sourire l’ange
(oui nos allures autrefois fringantes
ont perdu leur allant)
l’année sera belle
puisqu’on se reverra
dévidant les mois
de colloques impromptus
murmurant dans les ruelles
de la ville qui va vite

