entre mes souvenirs et moi
c’est une nappe de silence tendue
vagues aux éclats métalliques
où la mer frotte sa joue sur la grève
rabattant son écume résignée

les souvenirs pressés de surgir
hors de l’horizon comme des serpents
pour (cachés au dos des lames)
se jeter sur moi
leur proie
ils attendent l’instant
où le silence est tel
que la mer se fait lac
et que mes mains fragiles
lâchent le présent fièvre

alors monte le tumulte
ils me dévorent
la peau me brûle à cru

seul remède
me baigner dans l’océan des mots