encombré d’humus fortLaon2
je frôle les branches noyées de chagrin
les ombres sont si rares

le soleil de décembre
salamandre pieuse mais distraite
taille des éclairs gris

la cité grave m’attend
et contre la désolation des sentes
le pied pose sa pointe

un pas vertical
me voici sur le ruban de ronde
où l’esprit s’ouvre

la ville tasse les remparts
hérisse partout ses ardoises reflets
aux pans noircis

je passe le goulet
entre rempart et pierres plates des morts
une cloche sonne le quart

alignées sagement
quatre tours flèches encadrent un guetteur
la cathédrale au loin

c’est le but solide
la hâte me prend de la saisir entière
pour célébrer l’esprit