ce ne sont pas des pas réels 
plutôt le souvenir de danses
qui cognèrent en Mazurie glacée
sur des planchers boueux hommes
et femmes s’accouplaient par avance
mimant en rythmes serrés
des étreintes que le chant coloré
élargit sur un rubato de nuit sans fin
où ma main et ta main ne cessent de se croiser
le mineur ne s’alanguit qu’à peine
juste ce qu’il faut de regrets
dans de parfaites double pages
où les brumes se lèvent sous le vent
avant l’irruption d’un soleil trillé
longtemps en petits marteaux lourds
que la solide poigne fait voler
je me souviens des papillons des cils
et de mes amis morts murés en moi
mes humeurs miroitent en moments touchés
j’échange ma chance contre l’absence
qui est mon vrai sujet sur cet objet
en noir et blanc nuit et jour mêlés
mon confident horizontal unique
où les tonalités tricotent des écharpes
pour garder à la bouche des baisers
jusqu’à peine accordés mais fixés ici
loin d’une terre adolescente à jamais disparue


#1 par Admiratrice Autodidacte le 13 de décembre de 2009
| Citation
Fragment narratif… (citation*)
» C’était déjà le soir. Il nous soufflait son haleine fraîche au visage, nous ranimant par sa fraîcheur, nous accablant par sa venue tardive. Nous nous assîmes sur un banc, près de la vieille tour. ‘ Tout fut en vain, dis-tu, mais c’est passé, il est temps de respirer et c’est ici le lieu pour cela. ‘ »
* Traduction Marthe Robert