je les veille longtemps
attise le feu du ciel
du bout de mes semelles
une étoile filante croise
sous la lune croissante
un rêve d’enfant échappé
qui revient à mon appel
envelopper leur sommeil
une chouette s’enhardit
à leur conter longtemps
le courage des lapins
et le destin des daims
je tourne alors trois fois mes mains
au-dessus du brasier
et leurs corps s’évaporent
jusqu’au fond de leurs lits
demain ils conteront
leur aventure candide
les parents feront semblant
d’écouter et je mesure
en ramant à contre-courant
combien leurs sourires me manquent