bien des choses secrètes
errent dans le regard gris de l’ange
souvenir d’avenues ouvertes sur l’hiver
où les jours enfin renaissent défaits de tout
ma mémoire chuchote des froissements
la glace et le plus chaud s’échangent
mains froides dont on avive le dessus
avec la paume rouge jaillie des poches
la voix hésite et l’ange
aide de ses ailes somptueuses à découvrir
l’horizon qui peu à peu comme une belle
consent à dévoiler sa ligne claire
alors tout soudain monte la mélodie
oh cette plainte non de l’automne finissant
non une parole vraie que l’évidence visite
nous voilà presque rien ami je te garde
je suis ton ange vois-tu
que tu le veuilles ou non cela sera
toujours mes paupières s’abaisseront
mes yeux gris et mes méditations
viendront te retrouver dans les larmes
où la peur de vivre et l’absence d’écho
creusent des vides au quotidien oui ami
sans toi un ange n’a plus aucun secret

