Monologue d’une femme face à son miroir

Ce monologue est très demandé par des actrices. Je le propose en accès libre, sans droits. Je demande simplement que mon nom soit cité lors des représentations. Merci.

Cette scène est extraite de la pièce sur les violences conjugales qui figure dans ce blog. Ce monologue a été ôté de la pièce et c’est pourquoi je ne l’ai pas conservé dans le document intégral téléchargeable. La scène a été cependant jouée dix-huit fois lors des représentations passées. Dans les représentations à venir, ce monologue a été remplacé par le dialogue d’une vieille femme avec une journaliste, dialogue qui semble plus en phase avec la thématique des violences conjugales. Ce « Miroir » reste donc détaché de l’ensemble. Il m’a semblé intéressant de le proposer ici pour montrer que les violences faites aux femmes ne sont pas seulement le fait des hommes, mais aussi du temps qui passe, la pire des injures faites aux femmes (les hommes semblent moins exposés à cette fatalité, le vieillissement n’étant pas aussi grave pour eux que pour elles).

 

(L’actrice est debout, dos au public, immobile. On peut utiliser deux actrices qui se relaient. On peut également envisager toutes sortes de dispositifs scéniques qui restituent le caractère de monologue intérieur du personnage. Lors des représentations publiques, le metteur en scène a eu l’excellente idée de présenter deux actrices en ombres chinoises qui se relaient dans le discours.)

Quand je passe devant un miroir, je pense : t’es pas belle, ma belle, le miroir fait oui de la tête, je m’approche et sans le vouloir je compte.

Je compte les rides, il y en a tellement que je me perds dans les calculs, dans mes années, là au coin de yeux il y a du monde, ça fourmille; tiens, elles sont apparues après six mois de mariage, la déception déjà. Après l’amour, la peine, après les étoiles dans les yeux, les étoiles gravées près des paupières et lentement, les décennies, années banales, font des spirales, la peau se creuse sous les coups, elle se gonfle ailleurs, on dirait un édredon pas drôle ; la souple peau s’est raidie au milieu des appels nerveux du quotidien, sans doute, chaque jour un peu plus sèche, peut-être ; on dirait une terre craquelée, c’est le puissant éclat des voix brutes qui s’adressèrent à moi, tout ce temps, et les accouchements (sans douleur, tu parles), et les enfants à nourrir et les enfants la nuit. Tiens, regarde la courbe du nez, un effondrement de falaise après un raz de marée, mais le pire c’est la bouche, elle est mauvaise, pleine d’ombre, les lèvres appellent l’amour mais d’avoir embrassé pour rien, pour presque rien, les voici désabusées, tombantes, presque froides, froides… c’est affreux des lèvres froides. Restent les yeux, l’intérieur des yeux, la pupille toujours claire, belle, mais personne ne le sait, il n’y a que moi qui la devine encore, pourtant ces pupilles, elles n’ont pas bougé, c’est moi, c’était moi.

Oh, mon miroir, pourquoi me murmures-tu encore ma mémoire, oui, tu me rappelles le temps où j’étais belle, ce temps d’avant, naïf, exalté. Tu te souviens, miroir, j’étais si pure, il suffisait que je sourie à mon reflet pour que les battements de mon cœur s’accélèrent, c’était moi, j’étais fière d’être moi, d’être toujours jolie, j’avais même au regard autre chose de plus, quelque chose qui forçait le respect, un éclat de vie, du vrai diamant, indestructible, je pouvais tout vivre, tout affronter, je mettais du rouge à mes lèvres, du rimmel à mes cils, pas pour faire la coquette, mais pour confirmer que je me savais belle et c’est cette confiance qui m’a valu de croiser le premier imbécile venu, on se marie, on se débat, on se bat, les joues se creusent, et les coups répétés du temps, de l’homme, des habitudes, font du visage une bouille, une bouille, oui, une bouillie… j’en suis venue à ne plus pouvoir me voir.

Écoute, miroir, toi et moi on se sépare, je crois que c’est mieux comme ça, on va s’éviter,

va fasciner d’autres alouettes, moi, je vais continuer à l’aveuglette,

miroir, passe ton chemin, va refléter plus loin…

je ne m’aime plus (La lumière s’éteint, on entend un bris de vitre).

123 réflexions au sujet de « Monologue d’une femme face à son miroir »

  1. je suis vraiment désolé monsieur!…
    oui je voudrai tout le texte si vous voulez et si avez des analyses

  2. Pose-moi des questions j’y répondrai en détail. Il n’existe à part cette possibilité, aucun commentaire sérieux sur cette pièce.

  3. Bonjour ,
    Je cherchais un monologue face à un miroir pour un jeune adolescent autiste que j’accompagne bénévolement en lui faisant découvrir le théatre . J’ai remarqué qu’il adore jouer devant un miroir .
    Accepteriez vous d’écrire un petit monologue pour lui ?
    Et si cela ne vous est pas possible me permettez-vous de m’inspirer de votre texte pour tenter de le faire moi-meme ?
    Peut-etre aussi pourriez-vous m’aider à trouver un texte qui soit adapté à ma demande ? Je n’ai trouvé que le monologue de  » Caligula  » , un peu difficile pour Simon qui a 15 ans mais ne sait pas lire et a un niveau primaire Mais une excellente mémoire qui lui permet de retenir les textes.
    Merci infiniment pour l’accueil que vous voudrez bien réserver à ma demande et pour ce très beau texte !

  4. Chère Danielle, je vous devais ce texte, votre demande m’avait interpellé. Je vous l’ai envoyé aujourd’hui. Je le ferai paraître un de ces jours dans ce blog sous le titre: « monologue d’un autiste ». Êtes-vous d’accord pour sa parution tel que je l’ai envoyé? Le titre vous convient-il?

    Courage à vous.

  5. Bonjour!! je suis lycéenne au lycée Gustave Flaubert à tunis. cette année, je passe le baccalauréat en option théatre. je suis supposée choisir un monologue et le jouer devant un juri. Par pur hasard, je suis tombée sur votre blog! je suis impréssionnée!! vous rédigez si bien… alors, je suis particulierement attiré par : « la femme devant son miroir » textes plein d’émotions de sensibilité et très puissant. En bref, j’aimerais bien obtenir votre accord pour le jouer et des petits conseils pour que le jeu soit aussi excellent que le texte!! j’attend votre réponse avec beaucoup d’impatience. merci bien.

  6. Oui, bien sûr pas de problème. Suivez votre impulsion: vous savez pour être tout à fait clair, j’avoue que je ne suis pas le mieux placé pour vous dire comment on le joue, ce fameux monologue. A votre âge surtout. Essayez de vous rappeler ce que vous avez éprouvé la première fois que vous l’avez lu. Et faites comme une vision extérieure, ce que vos premières sensations vous ont dicté. Laissez parler en vous cette femme dont le discours vous touche. Ne redoutez pas d’être pathétique. Faites des silences et parlez lentement. Soyez limpide: contrôlez au maximum votre passion – si puissante soit-elle – pour que l’auditeur soit avec vous à l’intérieur. Soyez obsédée par le spectateur, pas par ce que vous dites puisque vous allez l’avoir en mémoire très vite. Courage à vous et merci. N’hésitez pas à me recontacter. Merci de transmettre ce monologue au-delà de la méditerranée. C’est tellement émouvant.

  7. bonjour!! Votre texte m’enchante j’aimerais vraiment le jouer pour une audition pour la troupe de théâtre de l’Université de Montréal j’espère réussir mon audition grâce à votre si jolie texte. merci d’avoir partager avec nous cette magnifique oeuvreet je m’assurerai de vous citez durant mon audition.

  8. Chère Yasmine, je vous félicite pour votre choix et je suis enchanté de savoir que mon texte sera joué à Montréal. Tenez moi au courant de cette audition et merci pour vos bonnes paroles qui m’encouragent… à bientôt ! Courage à vous pour votre audition!

  9. Tout simplement magnifique … beaucoup d’émotions tout en pudeur !!! Ni trop, ni trop peu, la juste mesure. Il me plairait et je serais curieuse de lire le texte dans son intégralité.
    Ce texte est vraiment une pure Merveille, j’ai du mal à trouver mes mots pour exprimer le flot d’émotions qui me transporte en ce moment même. Vous avez beaucoup de talent, j’espère pouvoir découvrir encore beaucoup de vos textes.
    Bonne continuation.
    Avec tous mes remerciements,
    Cordialement
    Delphine

  10. Ah je vous remercie beaucoup pour toutes ces louanges! Je l’ai écrit au fond très vite (moins d’une heure) après m’être concentré sur la situation. C’est une forme d’hallucination où je me suis placé pour éprouver du fond de mes soixante ans ce que cette femme pourrait ressentir. J’ai vu la scène vide s’animer soudain de paroles, c’est tout. Il n’est question en fait que des mots, de langage, de parole… Et pourtant d’autre chose. Une forme tranquille d’attention extrême au drame revécu. Merci encore.

  11. Oui, bien sûr. Mais vous semblez supposer que je suis une dame, alors que je suis un monsieur de près de 67 ans, mais « personne n’est parfait ». Je vous excuse d’autant plus que lorsqu’il a été question d’écrire sur les violences conjugales, je vous avoue avoir longuement hésité; je me demandais comment un homme pouvait écrire sur un sujet que je ne connais que de l’extérieur… comme tout le monde ai-je envie de dire… il m’a semblé qu’une femme pouvait éprouver ces choses mieux que moi. Et puis non. Vous voyez, il se trouve que cette pièce, dont fait partie le monologue, je l’ai écrite après bien des interviews et bien des lectures de témoignages. Je reviens à l’essentiel: oui jouez la, plus on la jouera mieux cela vaudra. Tenez-moi au courant du cadre dans lequel vous allez la jouer. Bon courage et merci!

  12. Bonjour je souhaiterais avoir l’autorisation utiliser votre texte dans le cadre d’une petite representation pour un concours de beauté (Mademoiselle Ile de France)

  13. Oui bien sûr utilisez-le en mentionnant mon nom ! Je suis ravi que pour un concours de beauté on puisse utiliser ce texte. Tenez-moi cependant au courant des résultats de ce concours, dont j’imagine qu’il doit être très sélectif… Bon courage et je souhaite un grand succès à votre audacieuse entreprise. N’oubliez pas de me tenir au courant de vos résultats. Merci à vous!

  14. Bonjour, je cherchais un texte à lire pour une lecture publique fin février. Je prends des cours d’improvisation théâtrale mais il nous arrive aussi de lire des textes. Je me sens encore débutante même si c’est la seconde année que je suis inscrite, pour reprendre confiance en moi après une période douloureuse de ma vie. J’ai vraiment beaucoup aimé votre texte, plein de sensibilité et il sonne tellement vrai, même si je ne suis pas encore ridée … Je pense que c’est un texte qui mérite d’être appris par coeur, alors je vais essayer…Je vous demande donc l’autorisation de l’utiliser pour cette lecture publique. J’espère arriver à retranscrire correctement les émotions sans tomber dans le mélo. Je vais également partie d’un atelier d’écriture, j’espère un jour pouvoir rédiger un texte aussi beau.
    Merci d’avance pour votre réponse,
    Cordialement,
    Nathalie

  15. Vous êtes décidément très aimable avec ce monologue. Bien sûr vous pouvez le lire et le jouer en public comme vous le désirez. Merci à vous de me prévenir ! Ah ça fait du bien de savoir que ce texte va être lu ou joué en public… l’auteur est très heureux décidément ! Je souhaite également que grâce à vos cours d’écriture vous pourrez un jour en écrire un semblable… après tout c’est une simple question d’entraînement… courage à vous pour la suite. Si vous pouviez me tenir au courant, cela me ferait tellement plaisir comme vous pouvez vous en douter… Ah oui, ne pas tomber dans le mélo bien sûr, comme vous avez raison et en même temps restituer l’angoisse et les errements de cette femme à la fois à la dérive et pourtant qui se cherche et finit par se trouver…Je vous suis… je vous précède… Bien à vous très cordialement!

  16. Bonjour , je me permet de vous contactez car je souhaiterais utiliser votre monologue sur la femme face à son miroir pour une audition au cour Florent . J’ai recherché beaucoup de monologue mais le vôtre me parle vraiment et me touche je souhaiterais savoir en plus de citez votre nom lors de mon passage de quel pièce est tirez ce texte exactement c’est au cas où il me poserais la question merci d’avance . Cordialement

  17. Chère Charlotte, tu dois savoir en effet que j’ai écrit cette scène dans une pièce sur les violences conjugales intitulée « Illusions Désillusions » (2007)… la scène est un peu décalée, car elle ne traite pas directement du sujet des violences conjugales et pourtant après l’avoir ôtée lors des vingt premières représentations, nous l’avons réintégrée dans les dernières – la pièce continue ça et là d’être jouée dans notre région – car au fond le vrai sujet de cette pièce est les violences faites aux femmes. Dans un premier projet la pièce s’intitulait: « Ce que l’on fait aux femmes » et j’avais envie de traiter en dehors des violences masculines, la violence du temps qui passe sur les femmes qui est autrement plus grave que chez les hommes. D’où ce monologue passionné, protestation contre le temps qui fuit et détruit la beauté de la jeunesse – thème aussi vieux que le monde ou à peu près. J’espère que tu auras du plaisir à la jouer, même pour un examen. Porte-toi bien et donne-moi des nouvelles de ton entrée au cours Florent. Merci d’avance de défendre ce bref monologue !

  18. c’est tellement beaux ton textes. moi je suis sénégalais et j’encadre des enfants de 9 à 15ans, ils font du theatre themo-tactico-technique, je voudrais leur lire le texte. est ce possible

  19. Bonjour ! Je suis lycéenne et pour mon baccalauréat j’ai pris l’option théâtre, et j’aimerai avoir l’autorisation de jouer ce monologue ?

  20. Oui, bien sûr, vous en avez le droit. Je vous souhaite bon courage pour le dire publiquement. Il n’est pas simple vous le voyez bien. Ne le dites pas trop vite, essayez d’être concentrée.. Bien à vous, très cordialement. Et bravo pour votre choix!

  21. Bonjour monsieur Raymond Prunier, suite à la lecture de votre monologue, je souhaiterais avoir votre accord pour le présenter devant ma classe dans le cadre de mon cours d’art dramatique. De plus, j’aimerais avoir quelques conseils afin de bien interpréter votre monologue.Je vous remercie d’avance !

  22. Bien sûr vous pouvez le présenter dans le cadre de votre cours d’art dramatique.Je vous remercie de vous intéresser à ce monologue. C’est très flatteur pour moi. Vous donner des conseils? Ce ne seront que des conseils de pure forme: ne pas en rajouter dans le pathétique, prendre son temps pour le dire, laisser le spectateur entendre clairement l’ironie dirigée contre soi etc… mais vous savez tout cela! Je préfèrerais que vous me posiez des questions. Demandez moi ce que vous voulez à propos de ce texte… c’est une forme ramassée d’hallucinations. En tant qu’homme je ne puis même vous dire comment je l’ai écrit. J’aimerais mieux vous renvoyer provisoirement la balle: dites-moi, vous, pourquoi vous l’estimez intéressant. Dites moi comment vous l’entendez. Je n’ai mis aucune didascalie. On peut le jouer toutes proportions gardées comme un morceau de musique classique dont le compositeur n’a pas jugé utile de noter les ornements, ni même l’instrument qui doit jouer les notes. C’est un texte blanc, ouvert au plus large. Pour vous dire, actuellement il n’est pas joué en monologue mais cinq actrices le jouent sur la scène en même temps, alternant les phrases, un miroir de poche à la main. J’ai vécu des représentations à deux, où les actrices étaient en ombres chinoises. J’ai imaginé parfois (cela ne s’est jamais réalisé)que l’actrice pouvait le jouer de dos face à une psyché ce qui ferait que l’actrice serait vue à la fois de dos et de face par le spectateur. Toutes les combinaisons sont possibles. J’estime cependant que le texte n’a pas besoin de ces sophistications à deux ou à cinq ou avec miroir. Là, devant, seule, bien en face, à cru, me semble encore la meilleure forme. C’est le spectateur qui est le miroir.
    Dites m’en davantage sur votre propre projet. Merci encore et tenez-moi au courant. Surtout n’hésitez pas à me contacter.

  23. Bonjour Monsieur Prunier, je reviens vers vous après mon message du 24 janvier. Finalement, la date a été reportée plusieurs fois mais je lirai votre texte en public le 12 mars. Je viens de le lire ce mercredi devant mon prof de théâtre et les membres de l’atelier, tout le monde l’a trouvé très beau, une des participantes m’a même demandé le nom de votre site. J’ai eu droit aux félicitations de mon professeur. Maintenant, il reste l’étape la plus impressionnante : le dire en public mais j’ai vraiment envie de défendre ce texte.
    Je continuerai de vous tenir au courant…
    Bien cordialement,
    Nathalie

  24. Je t’encourage à le lire à haute voix! Pourquoi pas? C’est une manière de dire qui permet sans doute davantage de lenteurs et de silences. Ne redoutez pas de le dire lentement et voyez les endroits où vous avez intérêt à hausser la voix et ceux où votre voix ira jusqu’au murmure. Si certains passages sont dans votre mémoire n’hésitez pas à abandonner la feuille quelques instants; vous le reprendrez pour la suite. Ce mouvement vous placera entre la lecture et l’oralité. Je vous remercie infiniment de défendre ce texte comme vous dites. N’en rajoutez pas trop dans le pathétique, ce n’est plus de saison. Une intériorité contenue est préférable. Tenez-moi au courant pour la suite et courage. Bien cordialement. Raymond Prunier.

  25. Bonsoir monsieur
    J ai 55ans et j adore votre texte.chaque mot me parle, sa musique, son rythme , ses spirales justement qui ressemblent à des rides et aux mouvements du temps.le rapport de l homme à la femme aussi est excellent. Comment avez vous pu entrer ainsi dans la conscience d une femme, dans son ressenti ?
    Verriez vous un inconvénient à ce que je le joue dans une troupe d’amateurs ? Mais j ai envie de lui donner une tournure plus gaie( la femme assume ses rides et parle avec beacoup d autodérision.)j ai envie de montrer une femme qui se maquille et qui se moque de ses rides( c est sa défense !) et qui triomphe même si elle rompt avec son miroir . Qu en pensez vous et me le permettez vous ?

  26. Vos propos flatteurs m’interrogent: comment ai-je pu entrer ainsi dans la conscience d’une femme? En effet, comment? C’est une hallucination qui le permet. J’ai rassemblé mes impressions de toutes les femmes rencontrées ou croisées ou simplement observées dans la rue et j’ai fabriqué en rêvant, appuyé sur la littérature (romans, théâtre)sur ce sujet, et voilà toute la chanson. Je ne suis pas femme et le temps de l’écriture, je le suis devenu, après avoir quitté quelques minutes ma défroque d’homme. Ce n’est pas difficile. Qui écrit se déguise comme on le fait au carnaval. Il suffit de s’absenter de soi et le petit démon intérieur bouscule, le temps de l’écriture, la nuit qui venait et il s’en vient emplir le vide; le petit démon hume le parfum d’être femme, il le restitue un peu au hasard du vide créé, il ne se presse pas, on dirait qu’il a tout le temps. Puis soudain comme on appuie sur un bouton, il s’arrête. Il est repartit hanter d’autres esprits. Vous êtes alors là tout bête avec votre texte que vous tendez à l’autre pour qu’elle le joue. Vous entendez alors le recliquement de l’horloge qui a repris ses droits. L’inquiétude revient, les nerfs se retendent, vous redevenez mortel.
    Faites-le bouger, ce monologue, tirez-le vers le rire si vous voulez. Oui, oui, faites la en train de se maquiller et moquez-vous si vous en avez le loisir: « Elle avait pris soin de peindre et d’orner son visage/ Pour réparer des ans l’irréparable outrage! » dit à peu près Racine(je ne vérifie pas la citation; bel exemple tragique). Tenez-moi au courant… Bien à vous.

  27. Bonjour Monsieur Prunier,

    Je reviens vers vous pour vous remercier très sincèrement de m’avoir permis d’utiliser votre si beau texte.
    Je l’ai récité en public le 12 Mars, tout s’est très bien passé et le public présent a été très réceptif. J’ai même été
    surprise en entendant des rires face à certaines expressions imagées. J’ai eu plein de compliments par mon professeur
    et par d’autres personnes et pour quelqu’un de timide comme moi c’était un sacré défi. C’est un texte qui m’a tellement
    habitée pendant toutes les semaines où je me le répétais pour le savoir par coeur que je me suis sentie un peu vide après.
    Donc encore un grand Merci et je ne vais pas manquer de lire tous les autres textes de votre site car beaucoup me touchent
    tout autant.

  28. Chère Nathalie, je suis très heureux que cela se soit bien passé, permets-moi de te féliciter ! Les bons acteurs sont parfois timides, la preuve; donc il faut continuer l’expérience car rien n’est plus gratifiant. Je suis très frappé par ton acharnement à apprendre et le vide qui a suivi en dit long sur ta passion. Pour un auteur, rien n’est plus précieux que ce que tu dis sur le texte ton travail et tes sentiments. Si tu veux recommencer avec un autre texte de ce blog, surtout n’hésite pas, je te suivrai dans ton choix. Encore une fois bravo ! Porte-toi bien et donne-moi de tes nouvelles. Bien à toi. Raymond Prunier.

  29. Bonjour monsieur !
    Je passe le bac cette année et j’ai pris l’option théâtre. Je voulais vous demander si vous seriez d’accord pour que je puisse la jouer s’il vous plaît

  30. Oui bien sûr Sonia ! Bien sûr avec grand plaisir même. Savoir que ce monologue va être joué pour le bac me plaît infiniment. Si tu as besoin de renseignements n’hésite pas à me contacter. Bien à toi et bon courage. Raymond Prunier.

  31. Bonjour, je trouve votre texte formidable et touchant, et vous demande s’il est possible de jouer cette scene pour une audition ?

  32. Aucun problème Imane, aucun. Si vous le sentez « formidable et touchant » surtout n’hésitez pas ! Jouez le! Bon courage pour votre audition… et dites-moi ce que cela donne. Merci.

  33. Bonjour M Prunier,

    Ma fille de 11 ans(cm2) scolarisée depuis le CM1 à l’école des enfants du spectacle passe son audition de passage en 6éme avec votre texte si vous l’autorisez !

    Cordialement

    Sarah

  34. Bonjour Sarah,
    Je suis un peu interloqué par l’âge de votre fille, je ne vous le cache pas… c’est bien à vous de me faire part de cette audition. Je redoute malgré tout le décalage entre l’âge de votre fille et l’âge supposé du personnage… Je vous autorise évidemment à tenter cette très curieuse expérience. Tenez-moi au courant. Merci. Bien cordialement.

  35. Bonjour M Prunier,

    Shana a passé son audition aujourd’hui devant 3 jurés dont une actrice de la Comédie-Française, un prof de théâtre et de la directrice. Elle a eu les félicitations des 3 et a été applaudie par l’actrice pour son interprétation et mise en scène. Elle a bien introduit le sujet avant de commencer le texte.
    Merci beaucoup ! Je peux vous envoyer un enregistrement du monologue pour vous rendre compte du résultat!
    Bien à vous
    Sarah

  36. Bravo à Shana! L’auteur est ébloui d’une pareille performance… Magnifique! Félicitez la bien pour moi. Bien sûr vous m’envoyez l’enregistrement… j’y tiens beaucoup! Et merci à vous Sarah… Très cordialement. (J’attends l’enregistrement avec joie…)
    Raymond Prunier.

  37. Bonsoir monsieur Prunier

    J’aimerais interpreter votre monologue en passant mon option theatre du Bac au Congo. Je m’assurerais bien de citer votre nom. Je me demandais simplement dans quel registre peut etre placé ce texte?
    Merci

  38. Merci d’avoir choisi ce texte chère Nesrine; je classerais ce texte dans la catégorie « Drame »… bien évidemment. C’est une plainte qui veut être la plainte des femmes, de toutes les femmes (?) exposées au temps qui passe. J’espère que ces quelques mots répondent à ta question; sinon recontacte moi. Bien à toi et courage! Raymond Prunier.

  39. A la recherche d’un monologue femme ..
    Très Beau texte, Je vous tiens au courant si je le passe pour mon examen .. Et ne manquerais surtout pas de citer votre nom
    Je veux bien le texte dans son intégralité 😉

  40. Chère Faty, c’est très bien d’avoir élu ou presque mon petit texte qui fait partie d’un ensemble sur les violences conjugales intitulé: « Des Illusions Désillusions » que vous trouverez ici à la catégorie théâtre…Ceci est un monologue qui est joué pendant la pièce qui n’est elle-même qu’une suite de petites scènes qui se suivent pour former un ensemble qui a son rythme propre. Je vous envoie mes plus vifs encouragements. Contactez-moi si vous allez le jouer, je vous en remercie.

  41. C’est un très beau texte, je compte me filmer en jouant votre monologue, je vous passerai le lien YouTube quand la vidéo sera mis en ligne pour me donner un avis si c’est possible.

  42. Oui, faites exactement comme vous dites et soyez remerciée d’une si heureuse initiative. Surtout n’oubliez pas de me donner le lien youtube… je compte sur vous pour animer ce monologue d’une autre manière. Belle et encourageante proposition. Vous inaugurez quelque chose autour de ce monologue si prisé ! Merci!

  43. Bonjour M. PRUNIER,

    Tout d’abord, je tenais à vous dire que votre texte « Monologue d’une femme face à son miroir » que j’ai découvert il y a 2 ans m’a interpellé à la première lecture. Je l’avais mis en favoris par sa beauté…ce texte est magnifique, puissant et appelle à pleins d’émotions : profondeur, nostalgie, tristesse…je fais du théâtre amateur et aimerais le présenter à mes camarades et professeure, me le permettez-vous ?
    Merci de votre réponse.

    Warda

  44. Oui, bien sûr. C’est toujours un grand plaisir pour un auteur d’être remarqué de cette manière. Surtout jouez le à vos amis et professeure. Sachez que votre compassion pour le personnage m’est précieuse pour continuer à écrire… un encouragement profond et efficace dans ma direction. Surtout faites-le, jouez-le, et tenez-moi au courant. Je pense bien à vous. Mes vœux vous accompagnent. Mettez y toute la chaleur dont vous vous sentez investie et courage!

  45. C’est un très beau texte. Je tenais à vous informer à l’avance, que je voudrais bien le jouer, moi qui cherchais un monologue de femme en français, voilà qu’une amie chère me l’envoie et j’ai eu le clic directe.
    Cela sera, avec votre permission, joué à Tunis lors d’un cours que je suis. Votre nom et la source du texte seront bien évidemment mentionnés sur ma copie à donner au coach et au début ou à la fin de ma prestation.
    Encore une fois, texte magnifique!

  46. Croyez que je suis ravi d’apprendre que mon monologue va être joué à Tunis! Bravo pour votre initiative et tous mes vœux vous accompagnent. Merci de vos éloges qui me touchent profondément. Courage!

  47. Bonjour Monsieur je vais jouer votre monologue devant 200 étudiants mais le problème que j’arrive pas a varié ma voix et mes gestes je vous prie de m’aider c’est urgent et merci

  48. Allbiba:
    Pour t’aider, autant qu’on peut le faire sans voir la personne, je me permets de suggérer ceci qui est lité étroitement à la structure du monologue:
    Après une petite introduction qui peut se dire presque en souriant de soi-même, il y a nettement DEUX paragraphes.
    Le premier est agité tout en extériorité et je l’entends comme un crescendo qui s’agite peu à peu pour finir sur un cri ou quelque chose d’approchant. Tout ce qu’elle dit est révoltant, donc c’est de l’ordre de la revendication, ça doit crier, bouger en gestes vengeurs.
    Le deuxième est à l’inverse tout en intériorité; on doit pouvoir sourire ironiquement mais le ton général est plus égal et l’agitation du corps se fait réflexivité… Donc le corps est bien moins révolté.
    Le premier décrit le désastre: il y a du bruit, de l’agitation, de la révolte. Tous les tons sont possibles du moment qu’il s’agit de mimer la révolte contre l’implacable du temps qui détruit.
    Le second décrit l’attendrissement sur soi, le souvenir, donc le corps est plus ramassé, plus apaisé et débouche sur le sourire ironique; désabusée, usée, elle se résigne, le corps est presque immobile, les gestes lents, on entend dans le corps « tout est fini ».

    Avec l’espérance que cela vous aidera.

  49. Merci beaucoup monsieur pour votre réponse
    Tu m’as beaucoup aidé
    Si c’est possible j’aimerais avoir une version audio pour que je m’exerce mieux
    J’attends votre réponse

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