peupliers

 

ça y est les peupliers grêles géants

ont basculé dans l’ocre provisoire

renonçant à leur vocation de cascade

verte ils tremblent comme leurs collègues

jettent à l’herbe ingrate pièces d’or

et mille papillons chargés du soleil

de l’été

            ce qui fut

certains ont déjà tout donné à la terre

ne restent à la cime que quelques brins ornés

qui lorsque les nuages gras s’entrouvrent

semblent brosser l’azur d’un jaune brun

inconnu de nos palettes chantant au vent

le lent dépeuplement de nos années de gourme

autrefois

            ce qui fut

poissons spectaculaires leurs arêtes boivent

verticales l’eau nécessaire à l’hibernation

de leurs troncs alignés enrégimentés

dans la lutte contre le vent des plaines

les passants observent sceptiques leurs bras

leurs maigres bras dépenaillés et ballants

vieux enfants

              ce qui fut

squelettes de plumes feuilles vides du limbe

énormes noirs transparents ils vibrent sifflent

et crachent une branche souvent

pour dire à la bise leur trompeuse faiblesse

mais ce ne sont que concessions sèches

car ils cabrent hardiment leurs fûts noirs

sur leurs souches

               ce qui fut

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