les feuilles en fureur à tire d’aile

brunies aux contours

cascadent contre moi isolé

dans le silence de l’orée

où je débouche soudain perclus

hors la forêt adulte

il me reste quoi un ou deux labours

avant de toucher au chemin

qui chuchote et aspire mes pas

il y a quelques ponts

encore c’est vrai sourires de l’ange

l’eau vive va bien

je me vois je te vois je les vois

cent fois ce poème

le chante de sa voix encore sûre

il n’est pas de retour

tu demandais la vie tu l’as eue

et le chant au-dessous

allons allons la barque est au bout

rames dans l’eau

les tolets bien huilés attendent tes bras

pour virer vers l’obscur

 

Depuis le printemps 2009, j’ai écrit régulièrement des poèmes, coiffés sous un ensemble intitulé: « Saisons de l’Ange ». Celui-ci porte le numéro cent, même si seulement les deux tiers ont paru dans ce blog.  Des publications de poèmes sont prévues ici jusqu’au printemps prochain, afin de faire le tour des saisons. Que ce numéro cent signe l’espérance de mener au bout l’aventure que je me suis fixée ! 

Je profite de cette petite note pour saluer le nep qui, grâce à sa virtuosité technique, a ouvert cet espace. Il est certain que sans lui je n’aurais sans doute pas cultivé avec tant d’acharnement ce modeste petit artisanat risqué. Qu’il en soit chaleureusement remercié ! Son aide précieuse est constante et je lui dois beaucoup. Merci encore pour son attentive stimulation et sa construction de cet espace d’un grand sérieux technique.