F-G Maugarlone et la France

Ce livre qui vient de paraître est une petite merveille d’invention et d’érudition, où histoire, géographie, littérature et philosophie viennent ensemble soutenir une pensée originale et subtile à la fois. Rien n’est comparable à cet ouvrage où la profondeur s’anime constamment d’aperçus humoristiques heureusement choisis. Voici le bref extrait d’un chapitre qui traite de la poésie (Chapitre VIII: Sur les murs j’écris ton nom)
F-G. Maugarlone: Présentation de la France à ses enfants. Pages 109-110 (Grasset. Sept.2009)

« La poésie est une économie de la mélancolie, s’agît-il même de l’ébénisterie des parnassiens. Pas d’amour heureux, point de génie qui ne sombre en un désastre obscur ni de coup de dés qui abolisse le hasard, la rose perd son teint nacré ou s’envole dans la mer… Schopenhauer compare le bonheur esthétique à l’aumône jetée à un mendiant. La poésie est l’écluse des larmes. La poésie renaît dans la plus grande détresse, elle est l’ultime résistance, ainsi des poèmes écrits dans les camps de concentration, ces « comptines gravées sur l’éventail de la mort », comme a dit François Vernet, disparu à Dachau. A ceux qui n’ont plus rien le langage offre son refuge. Les mots servent de planche de salut, c’est un fait, et donc pouvons-nous penser aussi à ceux qui par on ne sait quelle malédiction vivent aussi dans un enfer. On voit parfois dans nos villes un brin d’herbe poussant entre deux pavés; la poésie est la foi du brin d’herbe.
De Jésus lui-même citons cette réussite:
« Je serai avec vous jusqu’à la fin du monde ».
Le poète questionne: « Mais quand refleuriront les roses de septembre? », en septembre, très probablement. Pour une fois, facile, la réponse.  »

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