transparent
l’ange est plus léger que la brume
et lorsqu’il dialogue avec moi
j’ignore où il est exactement
parfois je le devine aux feuilles
qui coulent mordorées au bas du tronc
ou aux embrasures des baies
quand les rideaux enfin frémissent
souvent absent
puisqu’il fuit nos laideurs
immeubles ronds-points coups de freins
je le perds totalement sur l’asphalte muré
et ma main tremble d’être là corps
tout pendu corseté par le tohu bohu
des moteurs incohérents et vieux
qui me sonnent me brûlent et m’écorchent
frémissement
des ses plis sur les marges des chemins forestiers
semis de feuilles adorable hasard
et si je marche sur elles la paix croît
son chant s’en vient son chant m’envoie
des verticales brunes bleues consolantes
de la terre vers le ciel – aperçu ci et là -
rais vifs traversant les arbres envoûtés
prestement
je me défais des minces curiosités du présent
scories sous le crâne harcelé de tracas
et je rentre serein vers l’impasse des saules
où les tourterelles de l’arrière-saison
dans le silence relevé par le sel de mon pas
murmurent: eh quoi as-tu donc point vécu
et l’ange sourit quelque part dans le temps

