avide d’ombre

je ne parle qu’ici

dans ce vide sans lois

ni normes

autres que celles que je m’impose

 

liberté nue et sombre

que je revêts de toi

de ton aube tantôt ocre

tantôt blême

suivant l’humeur naturelle

 

je te devine aux arbres

charmes et aulnes souples

tout est plein de toi

jusqu’aux cornes

de la lune entre les toits roses

 

contre les jours qui se cabrent

nous allons toi et moi

attirant syllabes

et textes

soufflés par l’appel de l’hirondelle

 

et je les entends en nombre

ces enfants du vide

pépier la splendeur

de nos amours

basées sur presque rien

 

il n’est pour nous d’autre chambre

que le carnet blanc

où leurs cris sont retenus

par ton aura

empruntée directement à la nature

 

et si ta voix parfois se brise

c’est de mon fait

je n’ai pas su sentir

le vent de fin d’été

serrant sur le fil les oiseaux sur le départ